Communisme et liberté

 

S’il y a bien une notion qui est interprétée par et pour la classe dominante, c’est bien celle de la liberté. La bourgeoisie s’est depuis bien longtemps appropriée l’idée de liberté, pour la réduire à sa conception libérale du monde.

Ainsi, la liberté d’entreprendre et d’exploiter, le libre-échange, mais aussi le pseudo souci bourgeois de défendre les libertés « démocratiques », sont parvenus à effacer du sens commun l’essence concrète et sociale de la notion de liberté.

En réalité, sans chercher à philosopher de façon exhaustive sur cette notion complexe, nous rappelons que la liberté réelle et concrète en société commence où termine le règne de la nécessité. Autrement dit, et chacun peut s’en apercevoir dans son quotidien, c’est seulement à partir du moment où l’homme a fait le nécessaire pour assurer sa survie (travail, courses, etc), qu’il gagne la possibilité d’user d’un temps librement, et ce, en fonction de ses moyens (argent). De ce point de vue, que nous disons essentiel, l’homme de la rue, le SDF ou le bohémien, ne sont pas libres, mais sont au contraire les pires esclaves de la dictature quotidienne de la nécessité, puisqu’ils doivent se battre, au jour le jour, heure par heure, pour assurer leur survie. Nous pouvons ainsi dire également, que le monde capitaliste -indépendamment des libertés politiques qu’il accorde au peuple- est très loin de tendre vers un idéal de liberté, puisqu’il tend, fondamentalement, à imposer au plus grand nombre le dictat de la nécessité. En effet, la précarité, la flexibilité au travail, l’allongement du temps et de la durée de travail, les différentes dérèglementations, bref toutes ces évolutions que les bourgeois nous imposent au nom de la liberté, signifient en réalité le renforcement de l’esclavagisme salarié. Dans le système capitaliste, la liberté des exploiteurs tend inévitablement à s’opposer à celle des exploités, et c’est globalement toute l’humanité qui est condamnée à servir et à être asservie par l’ordre économique. En revanche, la société communiste, qui, par définition, gagne la maîtrise de son économie, en nationalisant ou en socialisant des entreprises désormais publiques, offre une toute nouvelle liberté à l’humanité. D’une manière générale, nous disons que le communisme ramène l’économie au service des hommes et permet à ces derniers de décider collectivement de leur sort. Mais pour revenir à notre définition de la liberté, indépendamment des libertés politiques accordées, nous pouvons dire que le communisme est ainsi fondamentalement orienté vers la libération du dictat de la nécessité.

Ainsi, dans une économie planifiée et socialisée, les gains de productivité sont mécaniquement concrétisés, soit par une augmentation de la production, soit par la baisse du temps de travail, et généralement les deux à la fois. Par ailleurs, la société communiste, élimine rapidement le chômage, en répartissant le travail, et rend parfaitement inutile les nombreux emplois « parasites » que la société capitaliste créée à des fins concurrentielles ou sécuritaires. Les travailleurs bénéficient ainsi d’un abaissement régulier du temps consacré au travail social, et donc, d’une augmentation constante de leur « temps libre ». Le temps libéré des nécessités, c’est le début de la liberté, avons-nous expliqué, mais à condition d’avoir les moyens d’en profiter. Et là aussi, le communisme permet de créer tous les moyens nécessaires, en socialisant graduellement les coûts de satisfaction de l’ensemble des besoins de la population. Autrement dit, tous les biens et les services passent dans le domaine de la gratuité au fur et à mesure qu’ils tendent à devenir abondants. Et nous ne parlons pas ici d’un idéal abstrait, nous parlons de possibilités concrètes, qui ont déjà été amorcées dans l’histoire des premières sociétés socialistes, bien que celles-ci soient nées d’un très faible niveau de développement économique !

Quant aux libertés politiques et démocratiques chères à nos bourgeois pour discréditer le communisme, elles n’échappent pas non plus à notre définition : la liberté commence où termine le règne de la nécessité. Lorsqu’un jeune pouvoir révolutionnaire, comme en Russie soviétique, subi pendant plusieurs années (1918-1922), une guerre civile fomentée par les puissances impérialistes, il n’est pas étonnant que les nécessités de survie dictent, par la suite, une limitation des libertés démocratiques ! Mais c’est exactement la même chose, et c’est même pire, chez les régimes bourgeois, qui, lorsqu’ils sont menacés par une classe ouvrière conquérante, confisquent les libertés politiques, et instaurent des dictatures féroces (Allemagne nazi, Italie fasciste, le général Pinochet au Chili, etc.) ! En réalité, les formes et les libertés politiques sont avant tout déterminées par les nécessités vitales de la classe sociale au pouvoir, et non par la nature de celle-ci ! Mais si la dictature du prolétariat, n’hésite pas à déclarer, à l’instar du révolutionnaire Saint-Juste, « pas de liberté pour les ennemis de la liberté », rien ne doit jamais faire oublier que c’est du projet communiste que découlera la véritable liberté ! Vive le communisme et la liberté !

ELIAS

Publié dans Combat n°32 Automne 2013